CONCEPTS ECOLOGIQUES : DEFINITIONS

Par ABConservation – Mis à jour le 25/05/2022

Biosphère : la partie de notre planète où la vie s’est développée. Elle comprend 3 zones distinctes : l’hydrosphère (les milieux aquatiques), l’atmosphère (les milieux aériens) et la lithosphère (les milieux terrestres).


Ecozone : une unité écologique de taille continentale. Chaque territoire biogéographique se caractérise ainsi par une certaine similitude dans la répartition de la faune et de la flore. On dénombre 8 écozones sur la surface terrestre : l’écozone Afrotropicale, Indomalaise, Antarctique, Australasienne, Néarctique, Néotropique, Océanienne et Paléarctique.

Pour distinguer une écozone d’un biome, on peut se souvenir que les écozones sont « d’un seul bloc » alors que les biomes, eux, sont répartis géographiquement en différents points de la planète.

 

Biome (ou écorégion) : regroupe l’ensemble des écosystèmes caractéristique d’une aire biogéographique. Les biomes sont délimités à partir de leur végétation et des animaux qui y sont adaptées. Le biome est fondamentalement caractérisé par son climat, en particulier températures et précipitations. Un même biome peut être présent dans plusieurs écozones distinctes. On distingue 14 biomes terrestres

Paysage : basé sur aucune caractéristiques scientifiques, à proprement parlé, le paysage est l’ensemble des éléments observables à partir d’un lieu précis. Il ne se confond pas avec le milieu géographique, qui comprend des éléments invisibles, mais il est l’aspect visible de l’espace géographique.

Écosystème : l’ensemble des êtres vivants (la biocénose) qui vivent au sein d’un milieu (le biotope) et qui interagissent entre eux au sein de ce milieu et avec ce milieu. C’est l’unité de base de l’écologie scientifique. Le concept d’écosystème se décline à toutes les échelles de grandeur.

Biotope : un environnement physique particulier avec des caractéristiques physiques spécifiques (température, humidité, climat)

Biocénose : un ensemble d’êtres vivants (animaux, végétaux, micro-organismes) en interaction, et donc en interdépendance.

 

Population : une population est un groupe d’individus d’une espèce particulière vivant dans un écosystème particulier à un moment donné. Le nombre d’individus dans la population définit la taille de la population. Par conséquent, la taille de la population varie dans le temps en raison des naissances, des décès, de l’immigration et de l’émigration. La population augmente ou diminue en fonction des conditions environnementales et des ressources disponibles.

 

Individu : synonyme d’organisme, c’est la brique élémentaire de l’écologie, le point de départ des niveaux écologique (vue plus haut). Si l’on veut entrer dans le détails de l’individu, nous changeons alors de champs d’étude et passons de l’écologie à la physiologie (interaction et compréhension des organes).

 

Espèce disparue (ou éteinte) : une espèce qui n’a plus de représentant vivant, que ce soit dans la nature ou en captivité.

 

Espèce parapluie : une espèce qui permet, en la protégeant, de préserver un grand nombre d’autres espèces apparentées, grâce à une niche écologique similaire. Un concept légèrement similaire existe aussi avec les espèces dites « emblématiques ». Une espèce emblématique désigne une espèce caractéristique d’un habitat. Elle peut être utilisée comme symbole pour désigner un lieu, un pays, une culture, une organisation ou une cause (ex : le Castor est l’emblème du Canada et la Fougère celle de l’équipe de rugby à 15 de la Nouvelle Zélande (les All Blacks)).

 

Espèce ingénieure : espèces qui par leur seule présence et activité modifient significativement à fortement leur environnement (ex : les vers de terre permettent l’aération des sols en creusant des milliers de galeries et en retournant la terre de l’intérieur, favorisant ainsi une activité microbienne favorable aux végétaux).

 

Espèce clé de voute : une espèce qui a un effet disproportionné sur son écosystème au regard de sa population, en affectant ainsi de nombreux autres organismes. Les espèces clé de voute entrainent notamment des effets de cascades si elles venaient à disparaitre (ex : si les abeilles disparaissaient, elles entraineraient avec elles une multitude d’autre espèces qui sont liées aux fleurs qu’elles pollinisent).

 

Effet en cascade : enchaînement inévitable et parfois imprévu d’événements dus à un acte affectant un système.

 

Service écosystémique : concept écologique qui permet de monétiser les phénomènes naturelles, comme une « valeur » des écosystèmes, voire de la Nature en général. Selon ce concept, « les écosystèmes fournissent à l’humanité des biens et services nécessaires à leur bien-être et à leur développement » (Millennium Ecosystem Assessment, 2004).

 

Niche écologique : c’est un des grands concepts théoriques de l’écologie : c’est l’ensemble des besoins nécessaires à une espèce ou une population pour être considérée comme viable dans le temps et l’espace. Ce concept est basé sur deux groupes de paramètres :

 

  • des conditions abiotiques (ou physico-chimiques), c’est-à-dire les caractéristiques du milieu de vie qui influencent les êtres vivants (et parfois significativement modifiés par ces organismes) comme la température, l’ensoleillement, l’humidité, le vent, les précipitations, le pH du sol, la présence de minéraux dans le sol, l’aération des sols, le relief, la salinité de l’eau, le pH de l’eau, …
  • des conditions biotiques (ou biologiques), sont les influences que des êtres vivants ont sur d’autres êtres vivants d’un même milieu. Exemple : la prédation, les maladies et le parasitisme, la compétition intra- ou interspécifique, la présence de partenaires pour la reproduction, la proximité de l’être humain, la modification de l’environnement par un autre individu, …

 

Domaine vital : zone naturelle où un être vivant vit quotidiennement. Cette zone permet à l’animal de répondre à ses besoins primaires (nourriture, abri, partenaires de reproduction). Ce concept peut être pris en compte à l’échelle de l’espèce (le domaine vitale de la panthère des neiges se trouve en Mongolie, à l’ouest de la Chine, au Népal, au Bhoutan, au nord de l’Inde, au Pakistan, en Afghanistan, au Kazakhstan, au Kirghizistan, au Tadjikistan, en Ouzbékistan et au sud de la Russie) mais aussi à l’échelle d’une sous-espèce, d’une population ou même d’un individu précis. C’est donc un concept qui décrit la répartition réelle d’un animal.

 

Territoire : une zone géographique ou un lieu occupé par un groupe (un clan, une famille) ou un individu isolé à un moment donné, le territoire n’implique pas l’espèce entière. La territorialité est un mécanisme permettant de gérer les ressources disponibles limitées des animaux de la même niche et elle est particulièrement courante chez les carnivores. L’individu (chez les tigres par exemple) ou le groupe (chez les chimpanzés par exemple) défend activement ses frontières contre les intrusions.

Un territoire est donc une partie du domaine vital plus large. Chez les espèces migratrices (oiseaux, poissons, gnous, …) le domaine vitale est immense et le territoire varie en fonction de la période de l’année.

 

Fragmentation de l’habitat : phénomène artificiel de morcellement de l’espace, c’est une notion primordiale en écologie du paysage. Cette fragmentation peut empêcher une espèce de se déplacer comme elles le devraient en l’absence d’activité humaine. 

Selon l’ONU et le GIEC, la fragmentation des habitats est considérée comme l’une des principales menaces à la biodiversité.

 

Corridor écologique : des connexions entre des réservoirs de biodiversité, permettant le déplacement des populations. Certaines populations animales ou végétales ont besoin de se disperser pour finaliser leur cycle de vie, ainsi les corridors permettent la survie de certaines espèces. Quelques exemples de corridors écologiques : les couvertures végétales permanentes le long des cours d’eau, les cours d’eau, points d’eau et zones humides, eux-mêmes, des bras de forets connectant deux réservoirs de forets entre eux. Les corridors écologiques peuvent prendre plusieurs formes et n’impliquent pas nécessairement une continuité physique. Des zones sans éoliennes ni poteaux électriques permettent notamment, par l’absence d’ondes électromagnétiques, des couloirs de circulations pour les chauves-souris, par exemple.

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