Journée Internationale de la Biodiversité 2020

Par ABConservation – Mis à jour le 21/05/2020

Les bienfaits apportés par la biodiversité

Tout est interconnecté.

Aujourd’hui, nous avons assez de recul pour voir les conséquences catastrophiques de notre mode de vie non durable. Eric Roston rapporte dans Bloomberg que pratiquement la moitié des zoonoses (ex: SRAS, Ebola, et potentiellement le Covid-19) après 1940 ont pour cause l’exploitation des terres ou la chasse d’animaux sauvages. En perturbant le bon fonctionnement des écosystèmes et donc en diminuant la biodiversité, c’est en fait nous que nous mettons en péril. 

Tout est connecté. Ce qui affecte une espèce affecte toutes les autres.

Chaque espèce, qu’elle soit animale, végétale, un champignon ou une bactérie, compose la biodiversité et a un rôle à jouer. Elles sont également dépendantes et interconnectées avec toutes les autres espèces. Il suffit que l’une d’elles, exerçant une fonction définie, disparaisse pour que cela crée des réactions en chaîne qui nuisent finalement à l’écosystème entier. Ce qui affecte l’un affecte tous les autres : c’est la première loi de l’écologie selon Barry Commoner.

 

L’un des exemples démontrant cela est celui du parc de Yellowstone avant et après la réintroduction du loup. En effet, en 1920, les loups sont éradiqués du parc de Yellowstone. En leur absence, tout l’écosystème est modifié : les cerfs prolifèrent, ils dévorent la végétation, et les berges des cours d’eau s’effondrent, car elles ne sont plus retenues par les racines. Avec la réintroduction des loups en 1995, on observe la diminution de la population de cerfs. Ainsi, la pression sur la végétation se relâche, la taille des arbres quintuple, invitant certaines espèces animales comme les oiseaux à venir s’y installer. Le développement du système racinaire des végétaux permet de stabiliser les berges et les cours d’eau. Et tout cela en seulement 6 ans.

La nature a fait en sorte que tout fonctionne en harmonie.
Avec des milliards d’années pour se modeler, la nature a fait en sorte que tout fonctionne en harmonie. Les perturbations naturelles (incendie, tempête, inondations…) peuvent altérer les écosystèmes, mais comme elles sont temporaires, l’équilibre peut se remettre en place. Certaines d’entre elles ont d’ailleurs une fonction, comme par exemple les incendies sans lesquels certaines plantes (séquoias géants, chênes-liège, cistes etc.) ne pourraient se développer.
Presque la moitié des zoonoses après 1940 sont liées à l'exploitation de la terre (agriculture, déforestation, urbanisation...) ou à la chasse des animaux sauvages.

Seulement, si les perturbations naturelles peuvent avoir des effets bénéfiques, ce n’est pas le cas des perturbations d’origine humaine (pollution de l’eau, de l’air et du sol, déforestation, surpêche, introduction d’espèces exotiques…) qui agissent sur le long terme et sur de grandes étendues spatiales.

Eric Roston rapporte dans Bloomberg qu’environ la moitié des maladies qui sont passées des animaux aux humains après 1940 sont liées à l’exploitation de la terre (agriculture, déforestation, urbanisation…) ou à la chasse d’animaux sauvages. C’est le cas pour le SRAS, Ebola, la fièvre du Nil occidental, la maladie de Lyme, et potentiellement le Covid-19.

 

Quel est le lien ? Le besoin d’espace ! Certaines cultures telles que le soja (notamment utilisé en tourteaux pour nourrir le bétail européen en élevage intensif) ou les palmiers à huile (qu’on utilise dans nos cosmétiques, notre alimentation et les biocarburants), qui font l’objet d’une forte demande mondiale, nécessitent énormément de place pour un plus grand rendement. Les forêts sont donc rasées, les animaux sont tués ou capturés et vendus sur les marchés. Les animaux restants trouvent de moins en moins de nourriture, se rapprochent des villes pour y trouver des restes laissés par les habitants (décharges, poubelles etc.). Tout cela a pour conséquence l’augmentation du risque d’émergence de zoonoses.

En réduisant la biodiversité, c'est nous-mêmes que nous mettons en péril.
Au final, en perturbant le bon fonctionnement des écosystèmes et en réduisant la biodiversité, c’est en fait nous-mêmes que nous mettons en péril, car c’est de cette biodiversité que dépend notre survie. Le phytoplancton nous fournit de l’oxygène, les tourbières filtrent notre eau, de nombreux animaux participent à la pollinisation de ce qui deviendra notre nourriture, les mangroves protègent nos côtes des événements météorologiques extrêmes, les forêts régulent le climat et maintiennent les sols fragiles, les binturongs disséminent les graines des arbres fruitiers, source de nourriture pour les autres animaux. Si nous n’avions plus les pollinisateurs, nous pourrions faire une croix sur la majorité des fruits, le chocolat et le café. Si nous n’avions plus les chauves-souris, il y aurait beaucoup plus de moustiques et donc une potentielle augmentation des cas de paludisme par exemple. C’est donc la biodiversité dans son ensemble que nous devons protéger, de l’espèce la plus microscopique à la plus grande ! Chaque espèce à son rôle à jouer et le nôtre est de respecter et de protéger cette biodiversité, car ce qui affecte l’une affecte tous les autres.

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